15
sept
Dis-moi Papa, quand je serais grand, je ferais comme toi?
Ecoutes-moi mon fils, la vie est un délice
Une douceur qui fond dans ta petite main de couleur
Tandis que défile le temps d’abords gentiment et s’accélérant
Tu sais, il y a longtemps, j’étais aussi enfant
Et la vie jusqu’ici, j’y survis
Regardes dehors et dis-moi ce que tes yeux adorent ?
Il pleut un petit peu et la neige se fait vieux jeu
Les oiseaux, de la cime, s’envolent vers d’autres abymes
A tire d’ailes et virevoltant pour saluer l’arrivée du printemps
Leurs sifflements raisonnant dans le vent
Et la pluie, jusqu’ici y reluit
Respire les odeurs et les senteurs et dis-moi, toi
Ce qui dans tout cela en ta mémoire restera
Ce qu’un jour, à ton tour, à ton fils tu raconteras
Les lilas me rappellent ta mère lorsqu’elle était las, riant de moi
Mais n’en parlons pas, la vie ce n’est pas ça
Et l’ennui, jusqu’ici y pâlit
Touche de tes petits doigts l’herbe qui à tes pas se courbe
La rosée matinale des sous-bois, portée jusque là
Par le vent à travers plaines et champs, au-dessus des gens
La papillon déploie ses ailes en un arc-en-ciel et s’envole vers sa belle
Encore une nouvelle histoire d’amitié à raconter
Et d’envie, jusqu’ici j’y souris
Ecoute les murmures qui s’échappent des commissures
La nature qui, depuis deux mille ans au moins, endure
Les complaintes et les contraintes d’un hêtre que trop humain
Changeant en or la moindre once de remords, changeant son monde en boule ronde
Proclament à tort des concepts de cadors
Et jalousie, jusqu’ici nous conduit
Retiens l’instant présent, car demain tu seras grand
L’héritage qui te revient ne sera pas sans rien
L’univers ne veut plus se taire et rejette hier
Mon fils, ce jour, est le début des lys et la faim de l’amour
A graver nos noms sur des blocs de béton
Et la vie, bientôt se finit
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