15
sept
En une froide matinée d’octobre, je fus mis à terre
Pieds et poings liés, l’âme lacérée par leurs pierres
La douleur n’en fut plus qu’une illusion
Et la torpeur seule resta ma raison
Les pieds ankylosés par la neige fraîchement tombée
Les genoux meurtris par tant d’animosité
Je restais las, béa, malgré moi
Incapable d’avancer ne serait-ce un pas
Scrutant l’horizon de mes yeux délavés
Cherchant un oasis pour m’y réfugier
Trop tard, derrière moi, déjà les clairons sonnent
Bientôt, les chiens feront la donne
Cette fois il n’y avait pas âme qui me sauverait
Le publique avait pris place et se rebellait
Le vent dans les cimes scandait leurs slogans
« A mort le tirant, pendez-le sur le champ ! »
Déjà je pouvais sentir leur présence
Là, derrière, prêts pour rendre sentence
Fuir, courir et courir encore
Jusqu’à ce que je croise enfin la mort
Afin de la défier et de gagner !
Gagner au moins une once d’humanité
Dans ce qui toute ma vie m’aura renvoyé
A cette seule pensée qui a fait de moi l’être déchiré
Qu’à ce jour, je m’efforce d’oublier
A cette sensation d’infidélité inégalée
Que de s’être soi-même reclus de votre société
Décision fort mal calculée dans son intégrité
Mais seule solution face à tant d’inhumanité
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