15
sept
Voici une carte postale
D’un ami en vacances
Une carte avec d’l’ambiance
Qui a coûté queudale
Innocente et futile
Qu’on dirait prise d’un livre
De cette toute petite île
Où il fait bon y vivre
Pas grand-chose à te dire
Mais encore moins à faire
Alors pourquoi se taire
Au soleil rester frire
On justifie comme on peut
Le temps passé au bar
D’abords je fais comme j’veux
Quand ma mie est autre part
Tant pis pour les envieux
Vas nus pieds et badauds
Qui autour et dans l’eau
Attendent que j’quitte les lieux
Je finirais ma prose
Ma clope et mon Ricard
Avant d’en r’prendre une dose
Pour finir mon histoire
Comme tu vois, je m’applique
Déjà quatre heures dessus
Et j’ai pas encore relus
Mais faut pas que j’abdique
Encore un petit verre
Avant l’retour d’la mère
Encore quelques p’tits vers
Avant une dernière bière
Qu’il est loin mon pays
Où derrière les montagnes
Resplendit la campagne
La vigne, le blé, les fruits
Que l’on travail en cave
Et qu’on partage ensemble
Comme les chants au ton grave
Qui au bout nous rassemblent
Quelle est pourrie cette vie
A s’faire chier à bosser
Une année à trimer
Pour quatre s’maines de sursis
Et claquer son argent
Pour aller roupiller
Sur une plage dorée
Dans la foule et les gens
Loin des gaz d’échappement
Je supporte le tiers monde
En offrant à la ronde
Mes surplus d’occident
Quelques dollars en mains
Font de moi un messie
Avec lesquels demain
J’achèterai le pays
En attendant, j’finis
Cette petite carte futile
Je la posterai en ville
Car là il fait presque nuit
Mon verre est remplit d’air
Le bar va d’jà fermer
Et ma femme va s’en faire
Il est temps de rentrer
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